DAOUDA DIARRA, PARRAIN DE LA SALLE MULTIMEDIA DU DAP

La 1ere note de service de l’année 2018 a porté comme objet le baptême de la  salle multimédia du Département des Arts Plastiques, avec comme parrain Monsieur DAOUDA DIARRA : Artiste, professeur d’arts plastiques, ancien Directeur respectif de l’Ecole Nationale des Beaux Arts, de l’Ecole Normale Supérieure d’éducation artistique, de l’Ecole Nationale des Arts et de la Direction des arts.


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La cérémonie protocolaire de baptême qui s’est déroulée le vendredi 19 janvier 2018, en présence de l’heureux récipiendaire et de sa proche famille, s’est tenue sous la présidence du Ministère de la culture, représenté par M. Abdoulaye Koundoul , Directeur des Arts ; de M. Bernard Bangoura, Directeur par intérim de l’ENA ; des Chefs de département ; du personnel enseignant et administratif et des élèves du DAP.

Le discours officiel présenté et tenu à cette occasion par M. Mouhamed Diallo, Chef du DAP,  est assez éloquent sur la personnalité du récipiendaire,  notamment sa relation aux valeurs pédagogiques, à promouvoir comme legs pour les défis de cette nouvelle salle : fruit de la coopération entre l’ENA et l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA). 

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- Monsieur le Directeur des arts

- Monsieur le Directeur par intérim de l’Ecole Nationale des Arts

- Messieurs les chefs de départements

- Cher récipiendaire 

- Chers collègues

Tenir ce discours à l’endroit de M. Daouda Diarra m’honore de plaisir. Et pour cause, je n’ai les mots pour auner ma chance, enfin, de pouvoir parler de cet homme que j’ai tant admiré et de qui je serai toujours redevable. Certains me taxeront de ne pas manquer d’audace, à vouloir ici décliner ses qualités. Ils n’auront pas tort. Tant son parcours de vie, professionnelle comme sociale, est jalonné de succès et de challenges relevés avec panache. A la lecture de son Cv, j’ai été bluffé d’y apprendre qu’il me restait encore du chemin à faire. M. Diarra est cet homme qui a consacré sa vie à la quête, du moins à la conquête du savoir au service de l’Art et à la Culture. Ses succès et réussites aux postes qu’il a occupés l’illustrent.

Parlant de M. Diarra, un flux de souvenirs m’envahit, me fait remonter le temps et me ramène dans l’univers des cours qu’il m’a administrés et desquels, j’ai appris, outre des connaissances académiques de la scolastique des arts, à être homme. M. Diarra nous a inculqué sa personnalité, son charisme de meneur d’hommes, sa générosité d’éducateur, son intransigeance, sa détermination et surtout son exigence du travail bien fait. Nombreux ont été les jeunes professeurs qui se sont abreuvés à sa source, creuset d’inspiration incommensurable.

Son magistère à l’Ena fut couronné de succès. Et la vaillante équipe qui l’accompagnait, dans la dignité et la discipline, ne me démentira, tellement la gestion de cette école n’était pas une sinécure, à l’époque. La survie de l’établissement ne reposait que sur leur passion pour l’Art et la Culture. Aussi, nonobstant les difficultés, n’ont-ils lâché prise, sont restés tenaces et déterminés, élaborant des textes d’application, des curricula, des programmes d’enseignement qui, aujourd’hui, nous facilitent les tâches administratives.

Ceci dit, le défi est réel, pour nous, jeune génération. Le legs est lourd et nos acquis de formation ne nous autorisent à prêter le flanc.

Mes premiers jours comme chef de département ne furent pas faciles, tant mes nuits blanches, dans l’angoisse et le stress, furent nombreuses… Mais, dans ce climat délétère, des idées ont germé pour sauver le soldat Département des Arts plastiques. La Salle multimédia n’est que le premier jet d’une série de projets que nous comptons dérouler, parmi lesquels, la création d’un atelier d’impression graphique, de gravure et de sérigraphie. Ce vent de changement n’est pas mon mérite, c’est le résultat d’un travail d’équipe, avec les chefs de divisions, professeurs, secrétaires, sous l’œil vigilant et l’accompagnement sans faille du Directeur.

Vivre, c’est oser et oser, laisser parler son cœur, plutôt que sa raison, suivre une intuition. Oser, c’est donc s’abandonner au risque que peu d’hommes acceptent de faire. Mais, les passionnés qui sautent ce pas et se font poreux aux immenses possibilités qui s’ouvrent à eux, sont ceux qui changeront l’ordre des choses, défieront les limites et rendront possible le progrès.

En gestion administrative, routine et monotonie traduisent le respect des textes et de l’ordre hiérarchique qui meuble le quotidien d’un agent de l’Etat. Cependant, elles se peuvent être entrave à l’innovation et au progrès. Nous n’invitons nullement à la désobéissance ou à la transgression des règles de l’administration, mais appelons juste la jeune génération à s’approprier les bases du changement. En réinventant le passé.

Victor Hugo, figure emblématique du Romantisme, mouvement par excellence de la libération de la passion, brisant codes et conventions, pour laisser éclore intuitions et sentiments, disait : «Jeunes gens, ayons bon courage, si dur qu’il veuille nous faire le présent, l’avenir sera beau.»

Nous pécherons à nous suffire de notre confort quotidien et devons oser et innover, seul gage de progrès. N’est-ce pas Goethe qui disait : «Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie,  du pouvoir,  de la magie. Alors laissons-nous emportés par nos espoirs, en innovant, en osant, car je croie bien que le progrès est à ce prix.»

Monsieur Diarra !

Ce joyau qui porte désormais votre nom est, à ce jour, la salle la mieux équipée de Dakar et sa Banlieue.


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Entre autres inquiétudes, figurait la vétusté du parc informatique, caduc devant les réalités de l’enseignement des arts visuels. Pour y remédier, l’érection d’une salle multimédia s’est réalisée avec le soutien de la Coopération coréenne (KOICA) et inaugurée le 13 Avril 2017.  

Cela a donné un nouvel élan au DAP et boosté les divisions de l’Environnement et des Graphistes, qui ne peuvent fonctionner, sans l’outil informatique approprié. Ainsi, de nouvelles disciplines liées aux Ntic, en veilleuse, faute de matériel informatique, ont refait surface : Infographie, Art numérique, Modélisation 3D, DAO (Dessin assisté par ordinateur).

La Salle multimédia sert également d’expérimentation de nouvelles disciplines en rapport avec les nouvelles filières proposées dans les curricula de la future Ecole nationale des arts et des métiers de la culture (Enamc), par des séries d’apprentissages en lien avec le Cinéma (vidéo, montage, cinéma d’animation, prise de son, photomontage) et avec l’Architecture (Dessin technique, Auto-CAD, 3Dsmax, Maya….).

 Des disciplines, comme les cours de photo, se sont modernisées.

Pour finir, nous dirons que cette salle baptisée au nom de notre illustre professeur est une modeste reconnaissance de ce qu’on lui doit et qu’on ne pourra jamais lui payer. Nous nous engageons, autant que faire se pourra, à maintenir vive la flamme perfectionniste qu’il a allumée en nous, en étant les porte-étendards de son professionnalisme visionnaire au service de l’Art et de la culture.